© Frédéric Laloux
Doula en Belgique et formée à la kinésiologie, Hélène Gérin est partie vivre il y a trois ans dans un écovillage près de la frontière canadienne dans l’état de New-York avec sa famille. C’est de là-bas qu’elle a commencé, en janvier 2017, à écrire un livre1 qui lui tenait à cœur pour accompagner les familles et les proches qui connaissent un deuil périnatal. Un travail long et délicat dont elle a accepté de nous parler à l’occasion de sa sortie en juin 2019.
  • Grandir Autrement : Hélène, comment vous est venue l’envie et l’idée d’écrire ce livre ? Hélène Gérin : Ce n’est pas mon premier livre, j’en ai déjà écrit deux avant celui-ci. Le thème m’a été inspiré par ma pratique professionnelle, j’ai accompagné des parents qui avaient perdu des enfants et j’ai aussi connu des personnes dans mon cercle personnel qui ont traversé cette épreuve. Cela arrive à beaucoup plus de monde qu’on pense. Il y a douze ans, une amie a accouché pour la première fois et je lui avais offert un petit carnet de naissance, comme des chèques cadeaux pour du baby-sitting, des repas… Sauf que cette amie a eu des jumeaux ! Et je me suis interrogée sur les besoins d’une maman de jumeaux, car ce n’est pas proportionnel, il ne suffit pas d’offrir deux carnets. Et pour les mamans alitées qui ont eu une lourde opération ou des problèmes ? Et finalement, pour les parents dont les bébés décèdent ? Mes réflexions m’ont amenée à réaliser que la multitude des situations demande à chaque fois une approche spécifique, pour soutenir, pour ne pas déserter la situation, malgré les tabous.
  • Avez-vous personnellement vécu un deuil périnatal ? Non, je ne l’ai pas expérimenté en tant que maman et je me suis demandé si ce serait un frein. Finalement, je le vois plutôt comme une richesse : il y a beaucoup de livres et de témoignages de parents qui racontent leur propre histoire, qui déposent, mais une histoire particulière est une limite possible. On peut ne pas se reconnaître dans le récit de quelqu’un d’autre. Chaque deuil est unique. Ces témoignages sont précieux mais ils ne sont pas forcément utiles à tous. Dans mon livre, j’ai choisi beaucoup de récits très différents, un patchwork d’histoires où il est peut-être plus facile de s’identifier. Je ne voulais pas proposer un chemin unique.
  • D’où viennent ces récits ? J’ai posté un appel à témoignages sur Facebook. J’ai fait le choix de ne pas aller vers les gens mais de les laisser venir, car il faut être prêt à raconter. J’ai reçu des récits récents, d’autres plus anciens, qui avaient plus de vingt ans. J’ai passé six mois à écouter ces histoires, il faut rester bien ancré. J’ai rencontré les proches pour savoir comment ils s’étaient sentis, ce qui avait marché ou non. J’ai aussi eu beaucoup de professionnels : des […]

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