© Camille Rathbeger

Les années passent, le couple change, les deux êtres qui le composent évoluent et le dialogue entre les corps soumis au passage du temps varie. Puis vient l’enfant, à l’origine, malgré lui, du changement du corps de la mère, du regard sur son corps. À l’heure de la performance sexuelle, comment être soi-même dans son corps et sa vie sexuelle avec les années en étant parents ?

La sexualité dans le couple au fil des années semble être un parcours initiatique, vers nous, vers l’autre. Qu’on soit jeune, moins jeune, avec problèmes de santé, sans problèmes de santé, avec des blocages, des ouvertures, avec l’arrivée des enfants, d’une culture ou d’une autre, la sexualité est ce qui semble définir le couple, qui plus est le couple de parents. La société nous dit qu’elle est importante, il y a un discours injonctif sociétal visant à faire croire, ou penser, que le couple doit avoir une vie sexuelle « épanouie ». Si l’on se tient à la définition trouvée dans le dictionnaire, nous pouvons trouver : « sexualité : Ensemble des comportements relatifs à la satisfaction de l’instinct sexuel ». Avoir une vie sexuelle tient donc au fait que nos instincts sexuels soient satisfaits. Et pourtant, nous parlons aussi de « faire l’amour ». Petit coup d’œil dans le dictionnaire encore et à « faire l’amour » nous trouvons : « avoir des relations sexuelles ». Moins romantique que prévu. Les choses sont claires, la sexualité concernerait donc « simplement » la satisfaction de nos instincts. Seulement chez nous, êtres humains complexes, un tas de facteurs influent sur notre regard, notre façon de concevoir la sexualité. Ce n’est pas pour rien si la sexologie est devenue une discipline des sciences humaines à part entière qui englobe la médecine, la psychologie, les sciences sociales, la communication, la théologie...

« J’avais l’impression que ça devait être parfait »

Lorsque Marie pense à sa vie sexuelle, elle sourit. Des montagnes russes, c’est comme cela qu’elle la visualise, un peu comme sa vie de femme, un peu comme sa vie de mère : « Je me rappelle que lorsque j’ai rencontré mon mari, j’avais un corps plus mince, on faisait l’amour facilement sans se prendre la tête. C’était tellement régulier qu’on se mettait pas la pression : si c’était pas l’extase du siècle nous ferions mieux le lendemain voire deux heures après ! Nous étions étudiants. Quand on a commencé à travailler, j’ai eu l’impression que la pression montait. J’avais plus d’argent alors j’achetais de beaux sous-vêtements, j’étais crevée mais il “fallait” que l’on ne se laisse pas aller dans la routine métro-boulot-dodo. J’avais l’impression que ça devait être parfait. C’était moins fluide. Et puis après la naissance de notre fille, BAM, tout a sauté. Je ne pouvais plus me cacher derrière un scénario coquin et de beaux sous-vêtements. Je me suis retrouvée le corps […]

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