Pour faire suite à mon article précédent1, poursuivons la réflexion au sujet de la présence des enfants lors des fêtes de famille : les mariages, les anniversaires des adultes ou les célébrations autour d’une tradition. Nous avons vu quelques idées pour mieux accompagner l’enfant quand il est obligé d’y assister malgré sa volonté. Qu’en est-il lorsque celui-ci a envie d’y aller mais que l’un des parents (ou les deux) préférerai(en)t ne pas l’emmener de peur des commentaires peu amènes de la parentèle ?

C’est difficile de se confronter à des sentiments opposés. Comment rester à l’écoute de son enfant tout en faisant en sorte de passer de bons moments en famille ? Comment essayer de relativiser les effets des paroles maladroites à l’égard de son enfant tout en le préservant et en restant complice de son ressenti sans basculer dans une surprotection ?

Comme pour un film d’horreur, il pourrait y avoir des avertissements sur les invitations aux mariages et tout grand (ou petit) événement en famille : « Interdit aux moins de 12 ans suite à la présence de personnes pouvant nuire à l’estime de soi des jeunes invités » ou « Scènes de violence éducative ordinaire susceptibles de provoquer des traumatismes ou des malaises chez les plus jeunes invités ». Mais tout n’est pas si noir si nous prenons de la distance et réagissons de manière la plus juste possible.

Les remarques, les ordres et les comparaisons

  • « Oh, il ressemble tellement à son père ! »
  • « Tu rigoles ? Je pense que c’est le portrait craché de sa mère ! »
  • « Regarde son nez pointu, c’est bien un Lebrun, on peut pas le nier. »
  • « Mais regarde ses yeux et ses cheveux et puis son caractère... »
  • « N’est-ce pas mon chéri que tu ressembles bien à ta mère ? Par contre, tu n’as pas du tout goûté à ce délicieux carpaccio ! »

Les fêtes de familles peuvent devenir épuisantes pour l’enfant qui fait l’objet de comparaisons et de critiques successives. Tous les invités se donnent le droit de poser des mots sur les enfants comme si ceux-ci appartenaient au domaine public sans aucun pouvoir pour se défendre des agressions verbales, désagréables et souvent illogiques. Comment réagir aux comparaisons ? « Regarde, Robin m’a bien dit bonjour et il a été tranquille pendant le discours de Papy ». À l’enchaînement d’ordres et au chantage ? « Allez, va faire un câlin à Mamie, cela fait longtemps qu’elle ne t’a pas vu ! » Ou à des remarques telles que : « Dis-donc, tu es vraiment collé à Maman, c’est dommage de ne pas profiter de tes cousins et cousines ! »

Pour certains […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s.
Mère d'un enfant né en 2003, diplômée en Communication, Je suis formatrice, organisatrice et animatrice d'ateliers divers dans le milieu associatif et pour parents et enfants bilingues. J'ai suivi les formations Faber et Mazlish et j’anime ces ateliers en français et en espagnol. En 2009, je participe à la rédaction du guide "Animer en langue maternelle, un jeu d’enfants !", outil de formation au sein de l’association D’une langue à l’autre.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.