© Genoveva Desplas
Il est 21 h 37, après une éprouvante soirée bain-repas-lecture du soir-dodo, certains parents attendent avec impatience d’être assis sur leur canapé pour regarder leur série préférée. Oui, certains enfants dorment à 20 h 05, d’autres ont sommeil à 21 h 37 et il y a des parents qui ne sont pas prêts à partager la soirée avec eux. Le pire, c’est qu’ils imaginent déjà le rituel fatal du lendemain matin. Prophétie du même état de stress que celui du soir avec la différence que c’est une chaise de bureau qui les attend et qu’ils doivent arriver à l’heure. L’un des premiers articles que j’ai écrit pour Grandir Autrement avait pour titre « Dépêchez-vous, on va être en retard »1. Cela fait déjà de nombreuses années, et pourtant, le sujet est toujours d’actualité. Le conflit du rythme entre les adultes et les enfants est un grand classique lors des échanges dans les ateliers de parentalité2. Dans l’article en question, je partage des idées pour mieux vivre les premiers moments de la journée avec les enfants : anticiper, s’organiser, accueillir les émotions, etc. Les parents sont prêts à essayer, ils mettent en place des petits rituels comme la frise d’activités du matin, prennent conscience des bienfaits d’une attitude « zen » et font des efforts de logistique. Cependant, le problème revient parfois et même les idées les plus créatives peuvent ne s’avérer utiles que temporairement. Pourquoi y a-t-il des enfants partants pour coopérer dans la joie, et d’autres uniquement pendant de courtes périodes ou de temps en temps ? Le problème est dans la formulation de la question. Si nous la posions à l’envers ? Pourquoi y a-t-il des solutions temporaires pour que les adultes soient vraiment disponibles et respectueux du rythme des enfants, particulièrement le matin ?

Le respect de la personne avant tout

Si quelqu’un vous réveille en criant, en vous obligeant à vous habiller, vous dépêcher et manger rapidement, il y a de fortes chances que vous ayez envie de faire tout le contraire de ce que vous venez d’entendre et que la mauvaise humeur s’installe rapidement. Même si nous imaginons que notre condition d’adulte nous munit « naturellement » du savoir-faire et du savoir-être concernant les tâches à accomplir tous les matins pour être prêt, propre, nourri, socialement présentable et, bien sûr, partir à l’heure, le manque de respect peut nous mettre en mode de défense et de rébellion. Que penseriez-vous si l’on vous disait que les enfants peuvent, avec quelques ajustements dans votre propre pensée, s’adapter à ce rythme arbitrairement imposé tout en restant dignes et en adoptant un esprit de coopération ? J’ai eu récemment des nouvelles d’un couple de participants aux ateliers et leur témoignage m’a donné envie de traiter à nouveau ce sujet. Le fond, la forme, l’intention et la pensée, tout y est, ces parents ont fait un travail global de logistique, de langage et de remise en […]

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