© Cassandra Meyers
Lorsque l’on parle d’éducation bienveillante, impossible de ne pas évoquer la question des émotions. Ces émotions qui sont au cœur de la démarche. Car dans une relation de bienveillance, on trouve d’abord de l’écoute, de la compréhension. Or, il n’y a pas de compréhension ou d’écoute si l’on passe outre les émotions, tant les nôtres que celles de nos enfants. Malheureusement, nous avons rarement appris à exprimer nos émotions de façon juste. Comment, dans ce contexte, accompagner nos enfants vers l’expression des leurs ?

Notre société n’est pas vraiment à l’aise avec les émotions. Il vaut mieux les refouler, les dissimuler. Comme il n’est pas facile de faire face à celles des autres, on essaye plutôt de les minimiser : « Il n’y a pas de raison d’avoir peur ! », « Pas besoin de s’énerver pour ça », « Ne sois pas triste… ». Croit-on vraiment que cet impératif va aider la personne à ne plus être triste ? À force de se rendre compte que nos émotions gênent, nous nous remettons en question. Car, en effet, ai-je « raison » d’avoir peur ? La clé est là, pourtant : il n’y a pas besoin de raison pour ressentir. Le simple fait que l’émotion soit présente est une raison en soi1. Nier ce que je ressens, c’est mettre en doute ce qu’il y a au plus profond, c’est ne pas croire en moi-même. Ainsi, pour développer la confiance en soi d’un enfant, rien de tel pour commencer que de le laisser être à l’écoute de ses émotions. Donc, surtout, surtout, éviter de les nier ! Voyons donc quelles sont les raisons qui nous poussent à nier les émotions de nos enfants.

Éviter les émotions négatives

D’abord, nous n’aimons pas voir nos enfants souffrir. Nous aimerions donc pouvoir leur épargner les émotions négatives, les en protéger. Seulement voilà, les émotions ont toutes leur raison d’être, qu’elles soient agréables ou pas. Sans peur, nous irions face au danger, sans colère, nous nous laisserions exploiter… Et puis, dans le fond, sans moments difficiles, nous ne goûterions pas aux moments de bonheur ! Nos enfants vont donc devoir apprendre à faire face à ces émotions désagréables. Notre rôle est donc de les aider à traverser leurs premières difficultés. S’y entraîner près de nous leur permettra de le faire en sécurité. Lorsque la situation les rend tristes, laissons-les expérimenter la tristesse. Aidons-les à identifier alors ce qu’ils ressentent, à le comprendre, puis à s’apercevoir d’eux-mêmes que la tristesse s’estompe, et qu’ils sont encore debout. Alors, ils auront appris à traverser l’émotion. Ils auront appris que les émotions viennent, et passent.

Simplifier la vie quotidienne

Pour être tout à fait honnête, il y a une autre raison à notre tendance à la négation des émotions. Une raison plus personnelle : notre besoin de simplicité. Parce que, franchement, ce serait plus facile que le dîner se déroule sans cette tempête émotionnelle parce que la couleur du verre ne convenait pas… En tant que […]

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