© Rudy and Peter Skitterians from Pixabay
La grossesse de mon épouse a initié une longue réflexion sur le papa que je voulais être pour mes enfants. J’avais envie de me libérer de certains pans de mon éducation pour tendre vers quelque chose de plus ouvert, mais ne savais pas vraiment comment m’y prendre. Je manque encore de confiance et de convictions au moment de l’accouchement. Mes indécisions sont autant de boîtes de conserve empilées sur une table. Me voilà papa et la vague émotionnelle qui me submerge prend la forme de jolies balles de mousse colorées qui s’apprêtent à tout bouleverser. Le grand chambardement s’amorce au coin de notre rue, dans une association qui accompagne les futurs et jeunes parents en proposant divers ateliers (portage, retour à la maison, nutrition, communication non-violente, accompagnement des émotions). Dans la bibliothèque en libre accès : des ouvrages sur le portage, l’allaitement, la motricité Pikler, les livres de Faber et Mazlish. Nous échangeons beaucoup avec les parents qui fréquentent ce lieu, et leurs enfants rayonnent.

Deuxième lancer : manqué !

Chez moi les habitudes ont la vie dure et j’ai une fâcheuse tendance à prendre les conseils des professionnels de santé pour argent comptant. Pourtant je sens bien que quelque chose ne tourne pas rond, mais malgré mes lectures ou nos récentes rencontres, je choisis de m’accrocher à ce que j’ai connu. Nous avons acheté une poussette pour les promenades, un biberon avec tout l’attirail, un lit à barreaux, la totale. Je suis celui qui chronomètre les pleurs de ma fille au coucher pendant ses premières nuits, attendant dans la crispation que la magie opère comme annoncée tandis que mon épouse, chez qui tous les doutes ont fondu comme neige au soleil à la minute où notre bébé a pris son sein, se morfond à attendre ma reddition qu’elle sait imminente.

Troisième lancer et dernière boîte

Je dois le troisième lancer, qui a un effet boule de neige, à mon épouse qui, fatiguée de s’endormir sur le rocking-chair avec sa fille dans les bras, me convainc d’essayer le co-sleeping. C’est une révélation : tout devient rapidement plus doux, plus simple, avec un allaitement à la demande et des nuits sans pleurs. Tout ce qui semblait indispensable disparaît de notre environnement. J’accède à un nouveau monde, me laisse submerger par de nouvelles émotions, comblé par la respiration de mon enfant que je ressens tout contre moi pendant nos promenades, bercé même par cette respiration dans notre chambre, désormais commune. Je deviens l’heureux témoin d’une complicité profonde dont ma première approche m’aurait privé. Il reste une boîte sur la table, qui renferme ma crainte de vivre comme une aliénation le fait de me mettre à l’écoute et au rythme de mes enfants. Mais ma femme et mes filles me donnent le courage de relativiser et de m’ouvrir à de nouveaux horizons. Je participe à des ateliers sur la qualité d’écoute et la bienveillance et rencontre un panel toujours plus riche de parents et d’enfants qui comme nous ont choisi cette […]

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