© Sophie Elusse
« Oh, tu as perdu ton bonnet, tu dois être content alors ! ». « C’est qui cet enfant tout moche devant moi ? ». Devant une chambre en désordre : « Ah, elle est très belle ta chambre, très propre, s’il y avait un concours de démolition d’immeubles, tu gagnerais le premier prix ! ». Comment les enfants vivent-ils ce mode de communication ? Lorsque nous utilisons le sarcasme et l’ironie, sommes-nous en cohérence avec notre intention de parents aimants qui souhaitons transmettre un message utile ? L’ironie est une « figure de rhétorique par laquelle on dit le contraire de ce qu'on veut faire comprendre1 ». Le sarcasme est une « critique, satire amère et piquante2 », « action de railler avec méchanceté3 ». En lisant ces définitions nous pouvons nous demander quel est l’intérêt de ces figures linguistiques dans l’éducation.

De l’humour, oui, des moqueries, non

Certains prétendent faire de l’humour quand, en réalité, il s’agit de sarcasme, d’ironie ou de moqueries. Les frontières entre ces concepts sont très subtiles. Wikipédia définit le mot « humour » comme : « Une forme d'esprit railleuse qui s'attache à souligner le caractère comique, ridicule, absurde ou insolite de certains aspects de la réalité […] L’humour peut être employé dans différents buts et peut, par exemple, se révéler pédagogique ou militant. Sa forme, plus que sa définition, est diversement appréciée d'une culture à l'autre, d'une région à une autre, d'un point de vue à un autre, à tel point que ce qui est considéré par certains comme de l'humour peut être considéré par les autres comme une méchante moquerie, une insulte ou un crime4 ». En voulant faire de l’humour, nous faisons parfois des remarques blessantes. Nous imaginons, ainsi, que notre message passe sans problème et d’une manière drôle. Or, il est fréquent de voir chez l’enfant une réaction inattendue de gêne et de confusion. « C’est super ! Ton pantalon est encore troué, voilà, au moins tu seras à la mode. » En fonction de son âge, par exemple pour un petit enfant âgé de moins de 7 ans, ceci est un message incompréhensible. L’enfant ne sait pas si le fait d’avoir un trou dans son pantalon est, en fin de compte, une « bonne chose ». Si le parent emploie un ton ironique dans sa phrase, avec un ton colérique voire enragé, l’enfant saisira un message négatif. Il comprendra qu’avoir un pantalon déchiré est une « très mauvaise chose » et rien de plus. Un enfant plus âgé se sentirait attaqué, critiqué ou honteux. L’un des problèmes avec le sarcasme et l’ironie est la gymnastique demandée pour comprendre le vrai message. Le cerveau d’un enfant serait-il prêt à recevoir des paroles négatives, qui emportent la critique pour pouvoir ensuite comprendre de manière positive l’information qui lui permettra d’analyser une situation sous un œil averti et réaliste  […]

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