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Voici la première définition du Larousse que j’ai trouvée sur Internet : « Père : homme qui a engendré ou qui a adopté un ou plusieurs enfants. Père qui donne le biberon à son bébé ». Avant d’être père, ma position pouvait être celle-là : celui qui donne la vie et participe à la nourriture de sa progéniture... Le biberon étant à l’époque pour moi la suite naturelle, passé le premier mois de la naissance du bébé. Tout cela saupoudré d’une touche de respect, d'autorité et de pouvoir évident : l'amour paternel existe, mais il est emprunt de dureté et d'une image forte. Je pensais évidemment que l'enfant avait sa place dans la famille, mais sa place d'enfant, pas trop bruyant, écoutant les consignes et laissant du temps à ses parents. Dans mes souvenirs d'enfant, mon père était peu présent physiquement puisqu'au travail, il avait l'air souvent préoccupé, attitude peu encline à la spontanéité enfantine... Il était l'image même de l'autorité et de la force. Évidemment je l'admirais ! Ma mère quant à elle était celle qui était là pour panser mes blessures, calmer mes chagrins et faire « le tampon » entre mon père et moi lors de mauvaises nouvelles (des notes à l’école, par exemple) et la crainte que j'avais de lui en parler directement. Enfant, je n'ai vu qu'une fois mon père fragile, c'était quelques heures avant son décès, la souffrance physique et la peur avaient fait tomber toutes les barrières... Je suis resté désemparé longtemps par cette ultime vision, en incohérence totale avec l'image que j’avais de lui : invulnérable sinon immortel et trop fort pour avoir mal... Pour cette raison et bien d'autres, la paternité (dans le sens de la responsabilité de devenir père, parent) est une chose que j'ai longtemps repoussée. Puis un jour cela a changé et j'ai franchi le pas, nous avons franchi le pas. Ma vie a radicalement changé avec mes priorités. J'ai commencé ma vie de père classiquement, je travaillais « beaucoup » (en déplacements) pour subvenir aux besoins du foyer, donc avec une présence non quotidienne auprès de ma femme mais surtout de mon fils les deux premières années. J'avais la satisfaction cependant de remplir mon contrat et rôle de père et mari.

Sortir de sa zone de confort

Cet équilibre « confortable » financièrement a duré deux ans. Pendant ces deux ans je n'ai pas vu mon fils grandir, et je sentais que je loupais quelque chose, mais il fallait bien faire bouillir la marmite ! Deux ou trois anecdotes sont pourtant venues m'alerter sur le père que j’étais et l'attente différente que pouvait avoir mon fils : si son premier sourire fut pour moi au retour d'une semaine de déplacement, il s'est aussi une fois effondré en larmes d'émotion en me voyant rentrer un autre week-end. Bref, quelque chose clochait… et ce malgré des moments courts et riches d’émotions pendant nos week-ends, comme lorsque mon fils dormait sur ma poitrine pour des siestes à […]

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