© Pixabay
Dans notre pays, l'Éducation nationale décide des programmes et donne un cadre et des compétences à développer, niveau par niveau. Mais, dans ce cadre, elle permet encore pas mal de libertés. Pour autant que les compétences clés soient développées, les instituteurs sont libres de leurs méthodes. Il est donc possible de sortir du carcan que l’on croit imposé. Et, contrairement à ce que nombre d’entre nous pensent, beaucoup d’instituteurs le font. Seulement, ils le font discrètement, de leur côté.

Depuis 2014, Céline Alvarez a énormément fait parler d’elle, communiquant sur son expérience à Gennevilliers. Elle y a été institutrice en maternelle pendant trois ans, et n’a pas continué. Parce que son objectif premier n’était pas de changer les choses à Gennevilliers, mais de montrer qu’une autre approche pouvait réellement changer les choses. Puis de diffuser le message, autant que possible. De « donner un coup de pied dans la fourmilière », comme elle le dit elle-même1. Son but : la révolution dans l’éducation. Et à la suite de la sortie de son livre Les Lois naturelles de l’enfant2, elle multiplie les interviews et conférences pour partager les résultats de son expérience, créant effectivement une révolution. Elle sait cependant, et elle le souligne, que nombreux sont les enseignants qui ne l’ont pas attendue pour commencer à changer les choses, à leur échelle. Et si nous allions aujourd’hui à la rencontre d’une de ces institutrices qui organise sa classe de manière atypique ? J’ai eu la chance de m’entretenir avec Sophie Rémy, institutrice de CM2, qui déclare, elle, que « [son] but n’est pas de faire la révolution, mais de voir une évolution ».

Comment Sophie a décidé de changer sa manière de faire

Sophie a été institutrice pendant des années avant de devenir directrice. Elle est à ce moment-là dans une posture de management classique, c’est-à-dire qu’elle impose ses décisions à son équipe. L’ambiance dans l’équipe étant tendue, elle décide de suivre une formation au management. Cette formation s’avère être une formation de communication non-violente (CNV). C’est pour elle une véritable prise de conscience : le conflit est en moi, et le changement commence par soi. Son intention devient alors autre, et Sophie s’aperçoit que sa vocation reste d’être auprès des enfants. Elle quitte donc son rôle de directrice, et décide de mettre en place une classe différente, à l’écoute de son bien-être et de celui des enfants, une classe dans laquelle l’empathie sera au cœur du processus. Elle ne dit rien à personne, sa priorité est de tenter l’expérience. Tant qu’elle répond aux attentes de la directrice et du programme, elle est libre des méthodes employées.

Le début de l’année avec les élèves

Ainsi, l’année commence sans annonce particulière. Pas même auprès des élèves, qui voient bien, pourtant, que leur classe est […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp !
Saisir votre nom ici svp

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.