© Marina Jude

Vivre avec un autiste, c’est difficile, et il y a certaines règles à adopter pour s’occuper d’une telle personne. Dans cet article, je vais (presque) tout vous dire sur comment réfléchit un autiste, comment s’adapter à lui, ainsi que vous proposer une interview d’une éducatrice spécialisée pour l’autisme.

Pour moi, l’autisme est une maladie qui fait réfléchir l’humain d’une autre manière, qui utilise une autre stratégie d’organisation dans le cerveau.
Imaginons que mon pot de crayons de couleurs, où il y avait comme crayons uniquement les quatre couleurs primaires, soit tombé. Quelqu’un de normal aurait tendance à ranger les crayons de couleurs à l’arrache.
En revanche, un autiste aurait plutôt pris le temps de rassembler les crayons avec leur couleur respective ensemble avant de les ranger. Les autistes sont très organisés.
Imaginons maintenant que mes grands-parents arrivent chez moi pour prendre un café. Normalement, moi, j’irais les voir pour leur dire bonjour. Un autiste, lui, ne serait pas interpellé par ça. L’autiste n’est pas socialement expressif.
Imaginons, pour finir, que ce soit la fin des cours, et qu’au lieu que ce soit mon père qui vienne me chercher, c’est ma mère qui est là. Personnellement, j’aurais juste été étonné mais rien de plus. Un autiste serait plutôt perturbé par ça. L’autiste n’aime pas le changement.
Bref, un autiste est très différent de nous de par son fonctionnement mental, mais il ne faut pas non plus le considérer comme non-humain.

Comment ça se passe avec lui dans la vie quotidienne

Déjà, les autistes ont des tics, des choses qu’ils font en boucle sans s’arrêter. Ça peut aller de « je prends un yaourt dans le frigo alors que je n’ai pas fini de manger » à « je crie ‘‘je suis réveillé !’’ en plein milieu de la nuit pour dire que je suis réveillé ». Imaginez un peu la rage quand mon frère allume la lumière à 2 heures du matin !
Heureusement, il y a un moyen de régler ça. C’est de prendre des objets qui marchent pareil que des vrais, mais qui n’en ont pas vraiment la fonction (exemple : un faux interrupteur). Bien sûr, ce n’est pas possible pour tout donc on va essayer de lui enlever juste ce tic énervant.
Les autistes ont aussi besoin d’être guidés. Contrairement à un enfant normal, un autiste ne cherchera pas à imiter les personnes plus grandes que lui, c’est donc à nous de le guider en lui faisant faire des jeux en rapport avec ce qu’il doit apprendre.
Pour faire plus simple, il faut faire un peu le prof avec lui. D’ailleurs, si vous n’avez pas les compétences pour ça ou si l’autiste est très difficile à convaincre, et aussi si vous en avez les moyens, il y a des personnes formées pour ce métier auxquelles vous pouvez faire appel, que ce soit pour la scolarité, le comportement, etc.
Il faut aussi faire attention avec les autistes car ils ne montrent que très rarement leurs émotions, ce qui veut dire que même s’ils se blessent, il y a des chances qu’ils n’expriment pas leur douleur alors qu’ils ont mal !
Prenez donc beaucoup de précautions en installant, par exemple, des barrières en haut et en bas des escaliers pour éviter les chutes, ou encore des cache-prises pour éviter les électrocutions, ou bien des rebords de meuble en caoutchouc pour éviter qu’ils se cognent dans les coins… Bref, évitez les risques au maximum.

Morgane, point de vue d’une grande sœur et d’une éducatrice

Pour avoir un autre point de vue sur l’autisme, j’ai interviewé Morgane, l’éducatrice de Mathis, et voici ce qu’elle m’a raconté (je retranscris la conversation à ma sauce) :
Elle m’a d’abord parlé de la façon dont elle communique avec son petit frère autiste : « Quand j’ai commencé à parler et à jouer avec mon petit frère, je prenais les choses avec lesquelles il aimait jouer pour créer des jeux. »
Elle m’a aussi expliqué qu’entre son frère autiste et son autre frère, ça ne se passait pas pareil : « Pour mon petit frère qui a quatre ans de moins que mon frère autiste, il est entré en communication par les gestes brusques… »
Après, elle précise que son frère autiste parle. Ce qui montre la différence d’autisme entre mon petit frère et le sien car le mien ne parle pas. « Du coup, cela faisait que mon frère autiste lui répondait aussi par des coups. Ils ont d’ailleurs encore aujourd’hui cette relation un petit peu ‘‘chien et chat’’… Avec mon frère, même s’il est un petit peu dans sa bulle, vu qu’il est ado, et qu’il ne nous calcule pas, on a aussi cette relation chien/chat. »

Elle a ensuite parlé des adaptations : « On a des posters un peu partout de ‘‘Comment se laver’’, ‘‘Comment faire pipi’’, qui donnent un peu une ambiance d’IME1, mais ça ne me dérange pas… Il y avait aussi un moment où, quand on lui apprenait à être propre, on fonctionnait avec un système de tableau et de pastilles, donc, par exemple, quand il faisait pipi, on lui donnait une pastille verte, puis avec un certain nombre de pastilles, il pouvait s’acheter un livre, vu qu’il adore les livres2. Il a aussi un casque qu’il porte tout le temps en extérieur, notamment quand c’est bruyant. »
Elle a parlé ensuite de l’extérieur en commençant par les magasins : « J’avoue que… j’en ai souffert. Pourtant, j’assumais mon frère et tout mais ce que je n’assumais pas du tout, ce qui m’énervait même, c’est que les gens le jugent beaucoup. »
Par la suite, elle a parlé du chemin qu’elle a emprunté pour devenir éducatrice : « Au début, je voulais être orthophoniste. Mais c’était trop compliqué au niveau des études, mon niveau en français était insuffisant, et en plus une orthophoniste ne voit pas assez souvent l’enfant. Donc j’ai renoncé. Puis, comme mon petit frère va à l’IME, on allait aux soirées portes ouvertes, je me montrais, j’étais présente, je parlais avec beaucoup de gens, et j’ai vite fait partie de la table des grands. En parlant avec les éducatrices, j’ai remarqué que c’était un truc qui me plaisait carrément. Et voilà comment j’ai décidé de devenir éducatrice ! »

Pour finir, je lui ai posé cette question :
« As-tu des techniques remèdes pour s’occuper d’un autiste ? »
Et elle m’a répondu :
« Surtout, je pense qu’il ne faut pas avoir peur. Il faut être à l’aise. Il faut aussi ne pas oublier qu’un enfant qui ne parle pas, ce n’est pas un enfant qui n’est pas là, et repérer ce qu’il aime pour pouvoir adapter les jeux à sa guise. »

En bref

L’autisme, c’est un truc qu’il faut prendre au sérieux. Il faut être à l’aise avec l’enfant et surtout bien le comprendre, car ce n’est que comme ça qu’il arrivera peut-être à nous comprendre, nous.


1 IME : Institut médico-éducatif.
2 C’est aussi le cas pour mon petit frère.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.