Dans ce court essai1, Thierry Pardo invite le lecteur à changer de regard sur l’école et tend à nous démontrer en quoi le système scolaire actuel dessert, d’après lui, le mythe selon lequel « apprendre à l’école » serait une promesse de réussite, de culture et de prospérité. Tout au long de son argumentaire, l’auteur établit un parallèle entre école et religion. Il examine à la fois le fonctionnement de l’école et la justification de son existence. L’ouvrage est paru en 2020 et je trouve que l’actualité française, au regard de l’instruction en famille, vient parfaitement illustrer le propos tenu ici. Tout d’abord, Thierry Pardo démontre en quoi l’école est un lieu de privation de liberté et de non-respect des besoins physiologiques et chronobiologiques de l’enfant. Ainsi, il est légitime de se demander comment l’enfermement, la négation des ressentis et des sensations pourraient conduire à la libération, à l’autonomie et à la responsabilisation.

Négation de la nature humaine

La rupture du lien entre les humains et la nature, leur nature, commence pourtant bien à l’école, et ce désormais dès 3 ans. Il n’y a, selon Thierry Pardo, que la conviction, l’aveuglement de la croyance et de la foi, qui permettent de continuer de croire dans les promesses de l’école malgré la conscience de ces faits objectifs. Ainsi, la foi seule permet de suivre ces règles qui peuvent paraître absurdes avec la promesse d’une place au « paradis de l’adulte ». L’objectif de la scolarité n’est-il pas plutôt de s’intégrer dans une société marchande et industrialisée sans jamais remettre en cause les bien-fondés des règles et des normes, au mépris de nos besoins fondamentaux et de notre nature profonde ? Par la domination de l’adulte et en réprimant le moindre écart de conduite, en punissant, en stigmatisant, en excluant, à la moindre « sortie de route », il s’agirait davantage de mise en conformité à un modèle que d’éducation. Et ce, malgré un projet pédagogique qui promet autonomie, responsabilisation ou encore émancipation. L’engagement des enseignants et des professionnels n’est, bien sûr, pas remis en cause et ils ont pour la plupart « le sentiment d’œuvrer pour une juste cause et dans le bon sens de l’histoire. [Cependant] l’implication des paroissiens n’est pas la preuve de l’existence divine [… et] est un fait insuffisant pour expliquer les raisons du déploiement ecclésiastique, il en est un effet, non la cause2 ».

Une école omniprésente

De plus, comme l’Église autrefois, force est de constater que l’école est partout dans la vie des familles et de leurs enfants. Ces derniers sont aussi bien élèves à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’école. Les devoirs sont ici assimilés aux prières et aux cantiques. La famille n’est pas envisagée autrement que comme un partenaire subalterne de l’éducation des enfants. L’auteur constate un partage inéquitable des tâches dans l’instruction des enfants au sein du système scolaire […]

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