© Adèle Tabouelle

Les méthodes de soins alternatives ont le vent en poupe. L’industrie pharmaceutique et ses scandales à répétition détournent les utilisateurs des traitements exclusivement constitués de produits de synthèse. Ainsi, les huiles essentielles sont présentées par leurs utilisateurs comme un remède alternatif. Elles renvoient l’image de produits sains et naturels, efficaces et sans liste à rallonge d’effets secondaires. Mais qu’en est-il ? Peut-on les utiliser à tous les âges et dans toutes les situations ?

Il existe plusieurs définitions d’une huile essentielle. Cela s’explique notamment par les divers procédés d’extraction des essences de plantes. Ces derniers modifient plus ou moins la composition et la qualité de l’huile essentielle ainsi obtenue. Aujourd’hui, ce sont les huiles essentielles extraites par distillation à la vapeur d’eau qui sont reconnues en aromathérapie. Aussi, Michel Faucon propose de retenir la définition suivante1 : « extrait pur, naturel et total, résultat de la distillation par entraînement à la vapeur d’eau de la partie odoriférante des plantes ou arbres aromatiques. C’est l’essence distillée. »
La distillation à la vapeur d’eau produit également l’hydrolat aromatique. Il s’agit de la vapeur d’eau recondensée qui est récupérée à la sortie de l’alambic après décantation de l’essence. Également appelée eau florale, il ne s’agit pas d’huile essentielle mélangée à de l’eau mais bien d’une substance aqueuse différente. Celle-ci présente des principes actifs et des effets similaires aux huiles essentielles. Cependant, les hydrolats sont peu concentrés, ils présentent donc l’avantage de n’avoir ni contre-indications ni interaction médicamenteuse. Ils s’avèrent alors très pratiques pour le nourrisson ou pour traiter des zones sensibles, par exemple.
En aromathérapie on utilise également les huiles végétales. Ces dernières sont des « substances grasses obtenues à partir de graines et de fruits de diverses plantes oléagineuses, par pression, ou par extraction à l’aide de différents solvants2 ». Elles possèdent des propriétés propres. Elles sont utilisées en synergie avec les huiles essentielles afin de les diluer et de ralentir leur action pour en prolonger les bénéfices et éventuellement apporter une action complémentaire. Il est important de s’assurer de la présence de la mention « première pression à froid » qui est seule garante d’une qualité d’huile nécessaire à la pratique de l’aromathérapie. Les autres techniques utilisant des solvants modifient la composition de l’huile et donc ses effets.

Les huiles essentielles sont par définition des produits très concentrés à manipuler avec beaucoup de précautions et qu’il faut choisir avec discernement. Le nom français et le nom latin doivent être indiqués pour pouvoir différencier des huiles qui seraient issues de la même plante mais pas du même organe (feuille, fleur, écorce…) ou bien d’une plante de la même famille. Certaines huiles essentielles sont toxiques alors que leur sœur est inoffensive (famille des lavandes, thyms, cannelles…). Aussi, vérifiez toujours qu’il s’agit bien de l’huile que vous recherchez avec son nom latin. En cas de doute, il vaut mieux passer son chemin pour vérifier le produit recherché. De manière générale, il est préférable d’utiliser les huiles bio, certifiées. Généralement, il est inutile d’aller chercher des huiles venant de contrées très lointaines et très chères. La nature fait bien les choses, les huiles les plus efficaces pour notre organisme et les plus abordables se trouvent souvent près de nous.
Comme nous l’avons vu plus haut, s’agissant de produits puissants, les huiles essentielles seront très rarement utilisées pures. A fortiori chez les enfants. Il conviendra systématiquement de diluer les huiles. La voie la plus appropriée est la voie cutanée, diluée de 3 à 5 % pour les plus petits, jusqu’à 10 % pour les enfants de plus de 6 ans. Selon les huiles utilisées, pensez à appliquer assez loin des voies respiratoires pour ne pas coupler application cutanée et inhalation (dos, voûte plantaire). Pour remplacer les huiles végétales, certains beurres ou huiles solides peuvent être utilisés pour la réalisation de baumes (beurre de karité, huile de coco…). Il est possible aussi de proposer des bains aromatiques, en diluant les huiles essentielles choisies dans de l’huile d’amande ou dans du savon liquide, par exemple. La dilution sera du même ordre de grandeur que pour l’application cutanée.
À noter : il est déconseillé de diffuser des huiles essentielles en présence d’enfants, la voie respiratoire étant la plus directe et potentiellement la plus réactive pour eux. On préférera diffuser une vingtaine de minutes avant la présence de l’enfant dans la pièce, et ce jusqu’à 8 ans environ. De même, la voie orale est plutôt réservée aux adultes et aux plus de 15 ans.
Lors de l’utilisation en cure des huiles essentielles, il est important de respecter des fenêtres thérapeutiques. Il s’agit d’une pause dans le traitement nécessaire à l’organisme pour ne pas le surcharger. Pour les enfants, elle doit être de quatre à cinq jours pour trois jours de traitement.

Une bonne alternative au quotidien ?

Au quotidien, les enfants et jeunes enfants ont régulièrement de petits maux, que l’on peut facilement accompagner naturellement avec les huiles essentielles. Le mieux est de consulter un médecin pour connaître le diagnostic puis se tourner vers un professionnel aromathérapeute pour vous faire accompagner. Cependant, il existe trois huiles essentielles qui peuvent être utilisées sans risque dans le respect des règles énoncées ci-dessus.

La lavande vraie, Lavendula vera (Lavandula angustifolia)

Autrement appelée lavande fine ou lavande officinale. Elle est obtenue par distillation des fleurs. C’est une huile très polyvalente, que l’on peut avoir toujours sur soi et qui n’est pas très onéreuse.
Elle calme, protège, apaise les maux du corps ou de l’esprit. Elle est également cicatrisante et anti-infectieuse. Elle peut être le réflexe désinfectant sur une petite blessure en vaporisant son eau florale. Elle est également proposée pour les érythèmes fessiers des nouveau-nés (toujours en hydrolat) dus à l’irritation de la couche, par exemple.

La camomille noble, Chamaemelum nobile L. (Anthemnis nobilis)

Aussi appelée Camomille romaine, ce sont les fleurs qui servent à la distillation. Calmante, relaxante, apaisante, préanesthésiante et anti-inflammatoire, elle est aussi utilisée pour calmer les démangeaisons. En hydrolat, elle peut être utilisée sur les fesses rouges de bébé ou sur un coton imbibé à sucer pour les poussées dentaires, par exemple. Diluée à 2 % dans du macérat huileux de calendula, elle peut être appliquée sur les érythèmes causés par les poussées dentaires. Elle peut également être utilisée pour accompagner la fièvre chez l’enfant à partir de 6 mois, en application cutanée sous la voûte plantaire et le long de la colonne vertébrale en dilution adaptée à l’âge, avec une huile végétale type amande douce.

Ravintsara, Cinnamomum camphora cineoliferum

Excellente antivirale, anti infectieuse et immuno-stimulante, cette huile est idéale en période d’inter saison, surtout pour les rhumes, grippes et autres maladies respiratoires mais pas seulement… Diluée à 5 % dans un mélange de beurre de karité/huile de calophylle (à parts égales), vous obtenez un baume efficace pour lutter contre l’angine, par exemple.

La trousse aroma des vacances

• Hydrolat de lavande : pour tous les malheurs cutanés de l’été (blessures, brûlures…) ;
• Huile essentielle de lavande : en cas de coup de soleil léger, diluée à 5 % avec du macérat huileux de calendula ;
• Macérat huileux de calendula pour les irritations et autres soucis de peau ;
• Macérat huileux d’arnica pour les coups et courbatures ;
• Huile essentielle d’hélichryse italienne (ou immortelle, Helichrysum italicum var.italicum) Pour l’enfant de plus de 3 ans, diluée à 5 % avec le macérat huileux d’arnica, cette huile est indiquée pour les coups, courbatures, inflammations musculaires type tendinite mais également dans le soin des cicatrices.

Pour ne pas surcharger la trousse, il est conseillé de préparer quelques mélanges à l’avance en quantité moyenne (environ cinquante millilitres). Cela permet de ne pas emmener de gros contenants et de ne pas avoir à faire le mélange sur place. Pensez alors à bien étiqueter les flacons et à indiquer la dilution et les composants.

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