© Anaïs Tamen

La plupart du temps, une intervention chirurgicale sur une mère allaitante signifie la fin de l’allaitement. Pas parce que c’est nécessaire mais parce que la majorité des soignants le conseillent, par ignorance, comme souvent avec l’allaitement… Pourtant, continuer à allaiter après une opération est tout à fait possible.

Pour être certaine de pouvoir continuer à allaiter dans de bonnes conditions, il est important de prévenir l’équipe médicale et de faire en sorte que tout soit mis en place pour aider à la poursuite de l’allaitement : un traitement médicamenteux compatible1 (la plupart des médicaments le sont), une entrée à l’hôpital la plus tardive possible, la possibilité d’accueillir son bébé dans sa chambre afin de le faire téter, disposer d’aide en cas de mise au sein difficile et douloureuse, ou pour tirer son lait2. Une opération chirurgicale n’est pas anodine et tout faire pour poursuivre l’allaitement dans ces conditions n’est pas sans heurts : il faut de la détermination pour réussir à dépasser, maman et bébé, un moment parfois difficile…

L’hystérectomie de Jeanne

« C’était il y a un peu plus de deux ans. Cela fait plus d'un an que l'on essaie d'avoir un enfant. Je me décide alors à aller consulter. S'ensuit toute une batterie de tests et d'examens. Et là le verdict tombe : insuffisance ovarienne et cancer du col de l'utérus (heureusement à un stade précoce). J’allais devoir subir (mais pas immédiatement, ce qui nous laissait un peu de temps pour mener à bien notre projet d’enfant) une colpohystérectomie bilatérale avec annexectomie (ablation de l'utérus, d'une partie du vagin, des trompes et des ovaires). En l'espace d'une semaine, on apprend que ça risque d’être compliqué d'avoir un enfant et que si on a la chance que ça réussisse on ne pourra en avoir qu'un. De plus, si grossesse il y a, la naissance ne sera possible que par voie haute. Nous décidons de quitter le lieu où l'on vit pour revenir vers nos familles et être à proximité d'un centre de soins spécialisés et d'un CHU réputé pour la PMA3. On veut mettre toutes les chances de notre côté. Après d'autres épreuves, je suis enceinte !

Les médecins m'ont laissé un délai de six mois entre la naissance de ma fille et l'opération, pour que je puisse récupérer de la césarienne et pour que je puisse mener à bien mon projet d'allaitement. Au début je n'envisageais pas du tout de poursuivre l'allaitement après cette intervention et je me disais que si j'allaitais six mois, c'était déjà fabuleux. Mais j'ai commencé l'allaitement et je me suis dit “pourquoi arrêter maintenant ?”. C'est devenu un objectif de poursuivre l'allaitement après. Cette intervention a été très difficile à accepter pour moi. J'allais perdre une partie de […]

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