Dans une étude de juillet 20171, 674 mères françaises qui allaitaient ont répondu à un questionnaire sur la fréquence de leur consommation d’alcool et de « binge drinking » (consommation d’une importante quantité d’alcool pendant un temps réduit) pendant le mois précédent. Voyons quels sont les impacts de la consommation d’alcool pendant l’allaitement.Cette étude a montré que 0,4 % des femmes avaient consommé quotidiennement de l’alcool pendant la grossesse et l’allaitement. Pendant l’allaitement, 6,8 % ont fait état d’un épisode ou plus de binge drinking. Il est bien évident que les autorités sanitaires recommandent d’éviter la consommation d’alcool pendant ces périodes car il a été constaté que l’alcool avait un impact sur la lactation et sur le sommeil de l’enfant. L’Académie Américaine de pédiatrie2 précise que « les mères qui allaitent devraient éviter de boire de l’alcool car il se concentre dans le lait et peut inhiber la lactation ».

L’alcool passe dans le lait

Le passage de l’alcool dans le lait se retrouve à un taux similaire à celui présent dans le sang. Selon le poids de la mère, si elle est à jeun ou non, la quantité d’alcool bu et le degré de celui-ci ainsi que la rapidité de son ingestion auront un impact plus ou moins rapide sur ce passage. Quand le taux sanguin d’alcool baisse, l’alcool dans le lait repart dans le sang : tirer le lait n’a donc aucun impact sur la rapidité d’élimination de l’alcool3. L’alcool ralentit significativement l’éjection du lait L’alcool bloque le réflexe d’éjection du lait sur 50 % des mères qui consomment une dose d’alcool comprise entre 1 et 1,5 g par kilo, et sur 80 % pour une dose comprise entre 1,5 et 2 g par kilo. Quant à celles qui consomment au-delà de ces doses, 100 % d’entre elles ont un blocage total. L’alcool abaisse la quantité de lait que la mère peut tirer deux heures après et l’enfant absorbe moins de lait au sein pendant les quatre qui suivent la prise d’alcool par sa mère. En effet, l’alcool inhibe « la sortie » du lait : les seins se remplissent et le lait ne peut pas sortir. La mère allaitante se retrouve alors avec un gros engorgement.

L’alcool et l’enfant allaité

Les études en la matière sont trop peu nombreuses pour définir avec précision les impacts métaboliques et neurologiques sur l’enfant allaité. Toutefois, le principe de précaution et les dangers de l’alcool – même en faibles doses – connus chez l’adulte conduisent à l’abstinence. Plus le bébé est petit, plus il faudra être prudent.Sans pour autant chercher à mener « une vie de sainte » parce qu’on allaite, il s’agit de nourrir et de prendre soin de l’enfant allaité avec bon sens. Et puis, l’alcool serait-il un moyen incontournable pour fêter un événement ou pour trouver une forme de bien-être ?
1 Consommation d’alcool pendant la grossesse et l’allaitement en […]

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