© lamouetteetlechoucas

Nous sommes pétris de conditionnements. Certains peuvent nous sauver la vie, d’autres nous permettent de vivre en société et d’autres encore sont des schémas de pensées et de croyances limitantes. Parmi ces croyances, certaines sont plus ou moins ancrées. « Tu accoucheras dans la douleur » est un conditionnement collectif profond. Cette croyance qui traverse les générations depuis trop longtemps nous conditionne à la vivre dans notre chair et dans notre cœur. C’est parce que tout le monde (ou presque) y croit et le redoute que cela s’incarne dans la matière ; cela devient alors palpable physiquement. Je ne dis pas qu’il est anormal que certaines femmes puissent rencontrer des difficultés en accouchant mais je reste persuadée que cette croyance limitante multiplie à grande échelle le nombre d’accouchements douloureux, ce qui n’est absolument pas le propre de la femme.

Beaucoup de femmes pensent dur comme fer qu’accoucher est une souffrance inévitable et qu’on n’a pas le choix. Pour mon premier bébé, lors de mes cours de préparation à l’accouchement, il y avait une femme déjà mère ; elle nous raconta qu’elle n’avait pas souffert une seconde pour mettre au monde sa fille, elle avait juste eu la sensation d’un mal de dos, mais la joie profonde qui l’avait envahie était telle qu’elle avait pris le dessus sur le reste, elle en parlait avec des étoiles dans les yeux ! La sage-femme présente ne tarda pas à largement souligner que c’était quelque chose d’exceptionnel, voire d’anormal et que pour nous les chances que cela arrive était quasi nulles. J’en suis donc restée convaincue à ce moment-là, comme les autres femmes du groupe. Nous avons alors continué notre cours comme il avait commencé, c’est-à-dire que la sage-femme nous établissait la liste colossale des gestes médicaux qui pourraient nous être imposés sans se demander si ces derniers n’étaient pas, au final, plus violents que la soi-disant douleur qu’il fallait à tout prix fuir…
Bref, cela n’était pas de son ressort visiblement, elle était là pour nous transmettre l’information qu’elle pensait véridique : accoucher, ça fait très très mal ! Et à partir de là, comment allions-nous faire pour passer à côté de nos accouchements dans les plus brefs délais ? Telle était la question…

Le pouvoir de notre corps

Notre corps est prévu pour enfanter, sans cela les humains ne seraient plus là depuis bien longtemps. La nature est bien faite et depuis des millions d’années nous donnons la vie dans un acte créateur absolument fabuleux. Souvent, j’entends parler de l’accouchement comme si c’était un combat. Un combat contre la femme elle-même, un combat contre son propre corps… L’enjeu : faire sortir le bébé de la prison. Et quand il y a une difficulté, c’est la faute de la femme bien sûr, elle fait mal, elle n’est pas comme il faudrait, etc.
Pour ma part, je pense que l’accouchement ressemble plus à une danse qui se fait à deux. La maman et le bébé vont alors rentrer dans un état hormonal et de conscience modifiés pour pouvoir danser jusqu’à la sortie du bébé. Cet état d’être accompagne et entraîne des mécanismes physiques qui mèneront à la naissance. Malheureusement, trop souvent le corps est nié et dévalorisé. On est toujours trop comme ceci ou pas assez comme cela. Mais non, en réalité, les humains ont toujours été divers et multiples et tous les corps ou presque ont réussi à donner naissance et ce, sans artifices ni actes médicaux. À l’échelle de l’humanité, nos hôpitaux ne sont pas grand-chose…
Le manque de confiance qu’on projette vis-à-vis de notre corps nous place en insécurité et de cela découle souvent un véritable déni de nos capacités naturelles. Ce déni nous mène parfois jusqu’à l’abandon de nos pouvoirs et attributs féminins. La présence de la médecine est à double tranchant ; d’un côté elle peut être efficace et salvatrice en cas de réel problème (je dis bien « réel problème »), et d’un autre, comme elle est là, nous nous en remettons trop facilement à elle quand survient la moindre difficulté. Ce que l’on considère comme un problème n’est bien souvent rien d’autre qu’une épreuve qui, si nous la surmontons nous-même, nous rendra plus forte et plus heureuse. La sensation d’échec dans l’accouchement est une des maladies de notre siècle, la médecine hospitalière et ses lobbyings en tirent largement parti en multipliant les actes médicaux (souvent intrusifs, inutiles et non sans conséquences !) à des fins financières et de domination.
Si nous n’avons pas confiance en notre corps, si nous ne le remercions pas, si nous ne prenons pas conscience de sa force, de sa puissance et de sa très grande capacité à faire ce qu’il faut quand il le faut, alors les femmes continueront de vivre des accouchements douloureux et assistés, au péril de leur intégrité et de leur épanouissement.

Le pouvoir de notre mental

De la même manière que notre mental se conditionne à tout un tas de choses, là, il se conditionne à souffrir. Mais si on inversait le paradigme ? Si on se conditionnait à penser que l’accouchement est, par essence, un moment transcendantal puissant qui va nous donner à expérimenter la chose la plus belle et la plus incroyable de notre existence, que se passerait-il ?
Eh bien, je suis plus que convaincue que, si l’environnement est propice et si nous avons passé du temps auparavant à attendre ce moment comme un véritable cadeau, une chance incroyable de vivre une puissante étape initiatique de joie et de plaisir, alors cela prendra corps et deviendra bel et bien la réalité de notre expérience. Et si en plus de cela les femmes entre elles en parlaient, si elles se racontaient à quel point accoucher est bon et magique (et je pèse mes mots) alors la tendance s’inverserait et les femmes pourraient enfin découvrir leur vraie nature !
Nous sous-estimons très largement le pouvoir de notre mental, notre pouvoir individuel à créer notre réalité, pour le meilleur comme pour le pire… Je déplore cette croyance trop ancrée dans les conditionnements collectifs qu’est celle que l’accouchement est un mauvais moment à passer. Croire cela revient à nier une des parts les plus magnifiques et spirituelles de la femme et du féminin sacré. La jouissance lors de l’accouchement et la transcendance sont un des trésors cachés de la femme. En nous faisant croire le contraire, on nous ampute d’une grande part de nous-même et on prive l’humanité de cette dimension pourtant si importante. Naître dans la jouissance ne crée pas les mêmes humains que naître dans la peur…

J’ai tout raté…

Parfois on aurait voulu que ce soit comme ceci ou comme cela et on a la sensation d’avoir tout raté ou d’être passée à côté de quelque chose. Souvent, on en veut à quelqu’un, on cherche des coupables. C’est vrai, si l’environnement dans lequel on donne naissance n’est pas physiologiquement adapté et propice, s’il y a avec nous des personnes « toxiques », alors oui, cela joue en notre défaveur. Mais il en est ainsi et on ne refait pas l’histoire après coup.
Ce qui est en notre pouvoir, c’est d’accepter les choses telles qu’elles sont. Embrassons notre histoire, guérissons nos blessures et acceptons-nous malgré cette sensation d’échec. Racontons aux femmes à quel point il est important de prendre au sérieux cet acte créateur puissant qui est la base de tout ! Arrêtons de fabriquer nos peines et nos difficultés à partir de conditionnements négatifs déroutants. Regardons le chemin de l’accouchement comme une allée d’honneur qui nous mènera radieusement jusqu’à la vie ! Chaque naissance est singulière, chaque femme est unique, chaque histoire est propre à celle qui la vit mais je suis convaincue d’une chose, les femmes ne sont pas faites pour souffrir en accouchant. Nous avons un pouvoir transcendantal caché et il faut que ça se sache !
J’invite les femmes à prendre en main leurs accouchements, j’invite les femmes à travailler sur leurs croyances et à laisser s’exprimer leur potentiel naturel. Arrêtons enfin une bonne fois pour toutes de dire autour de nous que l’acte de la naissance est une souffrance terrible et colportons enfin la nouvelle : accoucher est par essence un acte de plaisir et de développement personnel !

Ardéchoise d'adoption, j'habite avec ma famille en pleine nature dans une petite ferme traditionnelle. Je suis une Maman-Passion de trois enfants. Je vis un quotidien passionnant et rebondissant entre le travail à la ferme (agriculture biologique, permaculture), l'instruction en famille en unschooling, mon activité de doula, énergéticienne, d'art-thérapeute et l'écriture. Notre ferme est un lieu de vie et d'expérience où le projet est de relancer des savoir-faire ancestraux et vivriers dans le but d'une acquisition d'autonomie et de partage. Nous nous intégrons dans un réseau solidaire de nombreuse familles ardéchoise que se soit pour la paysannerie, la parentalité bienveillante ou l'IEF. Nous militons au quotidien par notre mode vie, nous sommes engagés pour un « mieux vivre » et ensemble de préférence!

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