Accoucher dans l'eau est encore une pratique marginale en France. Si cela fait rêver nombre de futures mamans, le corps médical reste frileux et les maternités qui offrent cette possibilité en France sont rares, contrairement aux pays d'Europe du Nord où la pratique est bien plus répandue. Pourtant, l'accouchement aquatique a bien des avantages et laisse des souvenirs impérissables…

C'est Michel Odent qui expérimente l'accouchement dans l'eau pour la première fois, à l'hôpital de Pithiviers, où il a exercé entre ١٩٦٢ et ١٩٨٥, avec une simple piscine gonflable. Les choses sont plus sophistiquées aujourd'hui. La parturiente qui bénéficie d'un accouchement aquatique en maternité ou à domicile dans une piscine d'accouchement a accès à une grande baignoire dans laquelle le futur père peut être présent. L'eau, stérilisée, est maintenue à une température légèrement inférieure à ٣٧ °C. Quant à la baignoire, elle a un revêtement spécial non poreux, évitant ainsi l'installation des bactéries. Il est conseillé à la future maman de s'immerger lorsque le travail est bien entamé, aux alentours de cinq-six centimètres de dilatation. Elle y reste ensuite jusqu'à la naissance. La taille de la baignoire lui permet de se mouvoir comme elle le souhaite, éventuellement avec l'accompagnement du père. L'expulsion se passe tout en douceur pour le bébé qui passe de la chaleur du liquide amniotique à l'eau chaude de la baignoire. Il rejoint ensuite les bras de sa mère pour un premier peau à peau. Pour la délivrance (l'expulsion du placenta), la jeune maman sort de l'eau. L'accouchement aquatique n'empêche pas la surveillance du bébé par monitoring (des capteurs étanches sont utilisés), en revanche, il ne permet pas la péridurale. Cela dit, l'eau atténue la douleur des contractions et est une bonne alternative à un soulagement chimique. Si la mère souhaite tout de même la péridurale, elle peut tout à fait quitter l'eau pour accoucher plus « traditionnellement ». De même, en cas de difficulté, la parturiente est immédiatement sortie de la baignoire afin que l'équipe qui l'accompagne puisse intervenir. Notons que certains critères interdisent l'accouchement dans l'eau : hypertension artérielle, problèmes pulmonaires ou cardiaques, diabète, placenta prævia, bébé mal positionné, prématuré, grossesse gémellaire… Il existe une préparation à l'accouchement spécifique pour l'accouchement aquatique, mais elle n'a rien d'obligatoire.

Les bienfaits d'un accouchement aquatique

Accoucher dans l'eau a de nombreux avantages. Tout d'abord, l'atténuation de la douleur des contractions. L'eau et la chaleur permettent à la maman de se relâcher, de décontracter tous ses muscles. Elle est plus détendue, moins sensible à la douleur. Son corps est léger, elle peut choisir la position qui lui convient le mieux, bouger son bassin avec plus d'aisance et faciliter ainsi la descente de son bébé. La détente de la mère, son relâchement musculaire et le fait qu'elle puisse bouger peuvent accélérer la dilatation du col. Selon l'Association française de naissance aquatique, la durée de l'accouchement est divisée par trois par rapport aux accouchements traditionnels1 […]

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