© Sophie Elusse
On célèbre la grossesse et la naissance, il est plus rare de célébrer la fin de l’allaitement. C’est pourtant une étape importante dans la vie d’une mère, une étape importante aussi dans sa relation avec son enfant, qui mérite qu’on lui accorde une attention particulière. Organiser une petite cérémonie pour l’occasion est une manière de rendre hommage à cette période, à ce lien lacté tissé dès les premiers instants, mais aussi de marquer le passage vers la continuité d’un maternage qui devra désormais se poursuivre sans l’allaitement dont il aura été l’une des clés et le demeurera, même longtemps après la toute dernière tétée.

L’idée d’un blessing-way spécial fin d’allaitement m’est venue alors que ma troisième et dernière enfant venait d’arrêter de téter. À 3 ans et demi, elle espaçait de plus en plus les tétées, qui étaient aussi de plus en plus brèves, jusqu’à ce jour où, demandant à téter, elle s’empara « maladroitement » du mamelon, le garda en bouche quelques instants avant de le lâcher et de s’exclamer : « Ça coule pas ! ». Je lui expliquai alors, mi-amusée, mi-surprise, que, pour que le lait coule, il fallait qu’elle le fasse venir en tétant. Ce à quoi elle répondit qu’elle ne savait pas. Qu’elle ne savait plus comment faire. J’étais abasourdie. Je précise tout de même que cette enfant fut un bébé aux besoins intenses, devenue tout naturellement une bambine aux besoins tout aussi intenses, avec laquelle je m’étais préparée à ce que l’allaitement se poursuive… longtemps ! En tout cas je ne m’attendais clairement pas à ce qu’il cesse de manière aussi « brutale ». Il y eut quelques autres épisodes similaires, avec tentatives non couronnées de succès, dans les semaines qui ont suivi. Puis de moins en moins.Puis plus du tout.

Des sentiments mitigés

Ma fille semble avoir bien vécu ce sevrage. Elle a constaté, à plusieurs reprises, qu’elle ne « savait plus » téter. Elle a été rassurée, je crois, par le fait que je continue malgré tout à accéder à ses demandes, et ce sans limite dans le temps. Elle s’est aussi exprimée sur le fait qu’elle avait « grandi » et que c’était sans doute la raison pour laquelle elle ne savait plus téter. Durant cette période, elle a également exprimé à plusieurs reprises son « amour » pour mes seins. Elle ne les a jamais autant regardés, caressés, câlinés – à défaut de pouvoir en extraire le précieux élixir ! – et les a fréquemment qualifiés de « beaux », « doux », « chauds », etc. Pour moi, en revanche, les choses ne furent pas si simples. J’étais partagée. Entre la satisfaction d’avoir mené à terme cet allaitement vers un sevrage naturel, la frustration de ne pas avoir vu venir ce terme, qui continuait à m’apparaître, malgré toute la douceur dont il était entouré, comme brutal et totalement inattendu, et l’immense nostalgie qui m’a saisie au moment où j’ai réalisé que c’était non seulement la fin de cet […]

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