© Magali Selvi - www.magaliselvi.fr
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Quand une femme accouche à l’hôpital, elle n’est pas seule au moment de la naissance de son bébé. Il y a dans la même pièce qu’elle au minimum une sage-femme, et bien souvent encore deux ou trois personnes voire plus. Mais est-elle pour autant accompagnée, elle ? Pourquoi, malgré ces conditions où plusieurs personnes sont présentes au moment de la naissance, certaines femmes gardent le sentiment d’avoir été seules ? Qu’est-ce qu’un véritable accompagnement continu peut apporter aux femmes en travail et à leur bébé ?

Être accompagnée pendant le travail et l’accouchement n’implique pas seulement que quelqu’un soit présent physiquement, même si c’est déjà une étape. Encore faut-il que la personne qui se trouve là soit pleinement attentive à la femme en travail et à ses besoins et ses demandes, qu’ils soient physiques ou émotionnels... Ainsi, la plupart du temps, lors des accouchements en maternité, les sages-femmes ont à s’occuper en même temps de plusieurs femmes en travail, elles ne sont donc pas pleinement disponibles et attentives à chacune d’entre elles car elles ne peuvent pas se démultiplier. Or l’accompagnement de la femme en travail est aussi appelé soutien continu (« continuous support » pour les Anglo-Saxons), ce qui dit bien la nécessité que la personne qui accompagne soit présente et disponible en permanence et pas par intermittence. De plus, la sage-femme aura en tête les aspects médicaux concernant le déroulement du travail, la santé du bébé et de la mère, c’est son rôle, mais celui de l’accompagnant.e sera différent car détaché de ces aspects. Ainsi, même lors d’un accouchement à domicile avec une sage-femme libérale, l’accompagnant.e aura sa place.

Ce qui rend l’accompagnement nécessaire

Les humaines sont des mammifères et la plupart des mammifères se débrouillent tout seuls, alors pourquoi les femmes ont-elles besoin d’un soutien particulier pour ce moment ? Simplement parce que les humains réfléchissent, leur néocortex est très développé et prend le dessus sur l’instinct, le cerveau dit reptilien. Les femmes ont besoin pour accoucher de laisser leur néocortex au repos, mais ce n’est pas chose aisée et le milieu hospitalier ne le rend pas plus facile. On dit souvent d’une femme en travail qu’elle est « dans sa bulle » ; les femmes ayant accouché peuvent également témoigner de cet état particulier où elles sont comme coupées du monde qui les entoure. Cependant une lumière trop forte, une sollicitation par la parole ou faisant appel à la mémoire peuvent les faire sortir de cet état de conscience modifié et rendre le travail plus difficile, long et douloureux. L’accompagnant.e devra donc veiller à ce que soit possible et préservée cette bulle. Il/elle sera présent.e aux côtés de la femme en travail et répondra à ses demandes qu’elles soient exprimées verbalement ou non, sans les précéder et surtout sans poser de questions, ce qui l’amènerait à réfléchir pour répondre.

Les bénéfices pour l’accouchement

L’organisation indépendante Cochrane1 a étudié les effets d’un soutien continu pendant le travail et l’accouchement au travers de vingt-six études différentes menées dans dix-sept pays et touchant au total plus de quinze mille […]

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