© Victorine Meyers
Vous voulez faire un cocktail et ne connaissez pas la recette ? Vous avez envie de nouveauté dans vos repas ? Aujourd’hui la solution rapide nous conduit souvent sur Internet pour aller glaner les recettes et les idées culinaires. Mais cela n’est pas incompatible avec le savoir-faire ancestral, la reconquête des traditions.Chacun retrouve un jour ou l’autre sa madeleine de Proust1, une odeur de cuisine associée à des souvenirs heureux. En tant que parents, nous avons souvent à cœur de transmettre des choses qui sont ou ont été importantes pour nous. Le tourbillon de la vie nous empêche parfois de prendre le temps de cuisiner, pourtant cette transmission-là est source de joie, de partages et de richesse.

Ce petit plus

En retrouvant un jour les cahiers de recettes de sa grand-mère, on prend conscience de tout ce que ceux-ci transmettent, pas seulement des recettes ou des façons de faire, mais on peut imaginer celle-ci, penchée sur son cahier, écrivant parfois laborieusement (à la plume !) et lentement sa recette, sans oublier ces petits plus qu’elle s’est permise d’y ajouter. Pourquoi a-t-elle pris ce temps-là ? Parce qu’en voulant transmettre ses recettes, elle transmet une partie de son héritage, ce que sa propre mère ou grand-mère lui a transmis. Elle prolonge ce fil ténu qui relie les générations entre elles. Non, transmettre une tradition n’est pas rester dans le passé, « une tradition ne doit pas être traitée comme un héritage du passé, mais comme une pratique présente, par laquelle “nous choisissons ce par quoi nous nous déclarons déterminés”, comme l'explique Jean Pouillon2. » Ainsi en reprenant ce fil soi-même, on fait le choix conscient d’appartenir à ce groupe relié par ce fil, d’être attaché aux valeurs transmises. Accepter à son tour de transmettre à nos enfants nous fait entrer dans le clan, et si souvent les grands-parents ont une large part dans la transmission, les parents peuvent aussi transmettre les traditions à travers une kyrielle d’actes quotidiens.

Jardin versus pas de jardin

Tout le monde n’a pas son potager, que ce soit par choix ou par obligation, pourtant même sans potager, on peut aller dans le sens des traditions, acheter les légumes frais et effiler les haricots ou écosser les petits pois ensemble le soir. Ce peut être le moment où vous allez raconter vos souvenirs, ou alors cela peut aussi se faire devant un film, pourquoi pas. Les veillées au coin du feu ne sont plus le point d’achoppement des soirées, et il n’est pas interdit de mêler traditions et modernité ! Pour ceux qui en ont envie, en achetant ses légumes, on peut se lancer dans la stérilisation de ceux-ci en bocaux, ce sera aussi une occasion d’expliquer que, dans le passé, sans réfrigérateur et sans congélateur, il fallait trouver des solutions pour conserver les aliments. Avoir son potager permet de voir ses légumes […]

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